El Capitan Tifus
On annonce un concert de Ska. Fatigué mais éternel curieux, je me joins à la troupe d'italiens et d'allemands qui composent mon exutoire affectif et émotionnel, mes potes. Tous mignons, prêt pour cette superbe soirée, ils sont presque au complet, quelques "lazy" restent dans l'appart.
Wentang Lu, le "Shi Fu" connait bien l'endroit, rodé aux habitudes des étudiants noctambules. Le temps de mimer le poisson le temps qu'un autre taxi arrive, je sens ma fatigue peu à peu s'évaporer. Le doux vent qui nous tient compagnie depuis quelques jours, ce doux vent nous fait à peine frissoner. Je me sens déjà voler.
Je tient enfin mon sujet de conversation favori, les gros mots dans toutes les langues. Je comprends à quel point la langue française offre de multiples possiblités et subtiles combinaisons pour envoyer balader le premier venu qui nous offusque. Français, nous tenons un haut patrimoine de l'insulte, sachons-le, le tact français est à ce prix. D'autant que notre langue sonne, pour les non-initiés, telle une musique ; c'est un peu la même sensation qu'écouter un oiseau chanter ou une italienne parler.
Bar sympa, à faire palir tous nos bars rouennais ; deux parties, l'une où s'étale une vingtaine de billards, de l'autre côté, bien séparé, la salle. Sur scène, l'Argentine tout en couleurs. Les foreigners dansent devant la scène; Enfin un peu de légèreté, autre chose que cette soupe internationale des clubs, qui suffit à faire danser les timides chinois autant que les dévergondés foreigners.
Ici plus de chaleur, une chanteuse arc-en-ciel, un groupe souriant et chaleureux, intime et langoureux, qui respire la fin de soirée le long d'une rue doucement ensoleillée de Buenos Aires.
On est parti, le verre de bière à la main on tente vainement de suivre la frénésie des plus enthousiates, le plaisir d'écouter est là, l'espagnol fait son effet. De cette langue, de cette musique, de ces visages explosent la joie, l'envie de faire des rencontres et serrer le monde contre son coeur. Le public peu nombreux est conquis;
Le tour du monde en 80 concert, telle est l'ambition de Vik, Mariana, Steph, Titi et Toto dont je ne me souviens plus les noms. Hangzhou fut leur 65ème destination. Parti d'Argentine, un programe chargé les a conduit jusqu'à nous. Des souvenirs pleins la tête, lumières dans les yeux. Les musiciens racontent dans leur loge. Comment résister ? Je veux leur apporter mon soutien, ils en ont besoin. ce n'est pas tant le fait de "comprar el CD", c''est avant tout de soutenir leur aventure, celle de découvrir les hommes et leur pays grâce au plus formidable vecteur de fraternité que l'homme ai pu créer : la musique.
Nous laissons ces héros rentrer, demain c'est Shanghai, puis la Corée, pour finir avec le Japon.
Capitan Tifus bientôt en France. Paris ? Non, Rouen !